FR
Lada Neoberdina (née en 1988 au nord de la Russie, vit en France depuis 2005) est artiste plasticienne, autrice et curatrice, basée à Saint-Paul de Vence. Diplômée de l'ESBA Le Mans en 2013 avec les félicitations du jury, elle poursuit sa formation à l'ENSAV La Cambre (Espace urbain, Bruxelles, 2021).Lada Neoberdina déploie une pratique articulant art textile, art urbain, écriture, édition et performance narrative. Elle commence par un duo art textile / art urbain avec des broderies réalisées dans la rue (série Broderies urbaines, 2014—) et des interventions urbaines éphémères et permanentes du cycle XX XY Broderie, 2016— (dont XX XY Bleue, fresque permanente, Roubaix, 2020). Sa pratique s'élargit ensuite à l'écriture, la performance narrative et l'édition (Les contes de la Petite Marchande des fraises, 2022— ; Que du bonheur !, 2025). Depuis 2024, elle ouvre un cycle de recherche autour de son expérience maternelle comme matière d'œuvre plastique et littéraire (N ou N, comme le post-partum, premier livre d'artiste, 2026).
Ses œuvres ont été présentées et performées à La Manufacture et La Condition Publique (Roubaix), au Botanique et à la Maison poème (Bruxelles), à la Ferme-Asile (Sion), au Musée International d'Art Naïf Anatole Jakovsky (Nice), au Frauenmuseum (Wiesbaden), au CECH (Minsk) et au Musée d'Art non-conformiste (Saint-Pétersbourg). En 2026, elle est sélectionnée par la Surface Design Association pour T3%+!le$: The Language of Fiber au Schweinfurth Art Center (Auburn, NY, USA).
En 2020, elle assure le commissariat de Broderie : point de départ à La Manufacture de Roubaix — une carte blanche réunissant 26 artistes invité·es internationales, accompagnée de performances, de conférences et de workshops. En 2026, elle est curatrice de la salle Nourri de mon lait au sein de Cru Cuit Miam & other sharing spaces 2 (MDAC, Cagnes-sur-Mer, juin–octobre 2026).
Elle a enseigné au Paris College of Art (Fine Arts / Mixed Media Textile, 2022).
Actuellement, elle poursuit une recherche curatoriale sur la broderie contemporaine (Brodheureuses pas sages, en cours) et le travail d'écriture.
EN
Lada Neoberdina (b. 1988, northern Russia; based in France since 2005) is a visual artist, writer and curator living in Saint-Paul de Vence. She graduated from ESBA Le Mans in 2013 with the jury's highest commendation, and continued her training at ENSAV La Cambre (Urban Space, Brussels, 2021).Her practice brings together textile art, urban art, writing, publishing and narrative performance. It begins as a textile / urban art pairing, with embroideries made in the street (Broderies urbaines, 2014—) and the ephemeral and permanent urban interventions of the XX XY Broderie cycle, 2016— (including XX XY Bleue, a permanent mural, Roubaix, 2020). The practice later widens to writing, narrative performance and publishing (Les contes de la Petite Marchande des fraises, 2022— ; Que du bonheur !, 2025). Since 2024, she has opened a research cycle around her own experience of motherhood as material for visual and literary work (N ou N, comme le post-partum, her first artist's book, 2026).
Her work has been exhibited and performed at La Manufacture and La Condition Publique (Roubaix), the Botanique and Maison poème (Brussels), the Ferme-Asile (Sion), the Musée International d'Art Naïf Anatole Jakovsky (Nice), the Frauenmuseum (Wiesbaden), the CECH (Minsk) and the Museum of Nonconformist Art (Saint Petersburg). In 2026 she was selected by the Surface Design Association for T3%+!le$: The Language of Fiber at the Schweinfurth Art Center (Auburn, NY, USA).
In 2020 she curated Broderie : point de départ at La Manufacture de Roubaix — a carte blanche bringing together 26 international invited artists, with performances, talks and workshops. In 2026 she is the curator of the room Nourri de mon lait within Cru Cuit Miam & other sharing spaces 2 (MDAC, Cagnes-sur-Mer, June–October 2026).
She taught at Paris College of Art (Fine Arts / Mixed Media Textile, 2022).
She is currently pursuing a curatorial research project on contemporary embroidery (Brodheureuses pas sages, ongoing) alongside her writing.
FR
Je travaille à partir des gestes — tracer, broder, transformer, écrire, prendre soin. Je m'intéresse au savoir-faire incorporé : ce qui se loge dans les mains à force d'être répété, ce qui se transmet sans passer par le discours. Le savoir tangible, la mesure à l'œil.À partir de là, j'interroge ce que chaque geste raconte ou ne raconte pas, ce qu'il transmet ou ne transmet pas. Or toutes les traditions ne sont pas bonnes à prendre. Certaines s'ouvrent vers un monde pacifié ; d'autres reproduisent une violence, en particulier sur les corps féminins. Je choisis mon héritage.
Mes gestes circulent du textile à la fresque urbaine, du glaçon qui fond à la performance narrative, du lait maternel au néon (recherches en cours). Chaque geste est natif d'un contexte, qui devient de la matière à son tour. In situ est une méthode : le corps qui exécute le geste devient corps qui performe et engage l'espace.
Je ne cherche ni à arrêter, ni à fixer, ni à perfectionner les gestes. J'aime produire des moments qui font commun et qui laissent une trace dans la mémoire de celles·ceux qui étaient présent·es. C'est là que l'éphémère a sa force politique.
Le geste de soin entre dans mon travail au même titre que celui de la brodeuse : répétitif, précis, sans quoi rien ne tient. Sauf que ce qui en sort n'est pas une œuvre — c'est un être vivant. Ce n'est pas négociable, et c'est profondément politique.
La curation est ma façon de faire communauté, de briser le cliché du génie solitaire et autonome. Ma pensée se construit avec celle des autres, sans quoi mon image du monde est incomplète.
Depuis 2024, le travail autour des gestes s'est déplacé dans mon propre corps. N ou N, comme le post-partum (2026), premier livre d'artiste, est né à 4h42. Témoin du virage où l'artiste devient mère et où la mère écrit pour tenir. Acte fondateur d'une recherche en cours : transformer mon expérience maternelle en œuvre plastique et littéraire, comme un positionnement politique.
— L.N.
EN
I work from gestures — tracing, embroidering, transforming, writing, caring. I am interested in embodied know-how: what settles into the hands through repetition, what is passed on without going through discourse. Tangible knowledge, measuring by eye.From there, I question what each gesture tells or does not tell, what it passes on or does not pass on. Not every tradition is worth taking up. Some open onto a pacified world; others reproduce violence, particularly on female bodies. I choose my inheritance.
My gestures move from textile to urban mural, from the melting ice cube to narrative performance, from breast milk to neon (research in progress). Each gesture is native to a context, which in turn becomes material. In situ is a method: the body that carries out the gesture becomes the body that performs and engages with space.
I am not trying to arrest, to fix, or to perfect gestures. What I want is to produce moments that make something common, and that leave a trace in the memory of those who were present. That is where the ephemeral holds its political force.
The gesture of care enters my work on the same terms as the embroiderer's: repetitive, precise, and without it nothing holds. Except that what comes out of it is not a work — it is a living being. This is not negotiable, and it is deeply political.
Curation is my way of making community, of breaking the cliché of the solitary, self-sufficient genius. My thinking is built with the thinking of others; without that, my picture of the world is incomplete.
Since 2024, the work around gestures has moved into my own body. N ou N, comme le post-partum (2026), my first artist's book, was born at 4:42 a.m. Witness to the turn where the artist becomes a mother and the mother writes in order to hold on. The founding act of an ongoing research project: transforming my experience of motherhood into visual and literary work, as a political stance.
— L.N.